Comment concurrencer Amazon Premium

Comment concurrencer Amazon Premium

S’inspirant de Shoprunner aux Etats-Unis, l’entrepreneur Patrick Robin veut développer EasyLife Premium. A la manière du service premium d’Amazon, cet abonnement proposera la gratuité de la livraison sur les sites partenaires.

Les e-commerçants français pourraient bientôt disposer d'un moyen pour résister à la domination d'Amazon, au moins auprès des gros internautes consommateurs. Après avoir lancé un magazine de photo, des sites minitel, un fournisseur d’accès à Internet, une collection de CD-Rom et un media consacré au commerce électronique en ventes événementielles (24h00), Patrick Robin présente actuellement aux grands distributeurs en ligne son nouveau projet. EasyLife Premium est un abonnement à 49 euros qui garantit à l'internaute la gratuité de la livraison sur des sites partenaires. Le système vient concurrencer Amazon Premium, qui pour 49 euros par an permet aux clients d'Amazon d'être livré en un jour ouvré, là aussi sans frais supplémentaires. «Pour être compétitif, les e-commerçants doivent jouer collectifs », assure le multi-entrepreneur qui s'inspire cette fois de la start-up américaine Shoprunner. Quand le service d'Amazon n'est valable que sur le site fondé par Jeff Bezos, EasyLife Premium s'imagine comme un club donnant des avantages à ses membres sur une offre plus large de sites et de marques e-commerce.

Au moment dechoisir son mode de livraison, l'internaute pourra cliquer sur le bouton EasyLife Premium sur les sites partenaires pour profiter du service. Il aura également accès à un catalogue en ligne et à un moteur de recherche répertoriant les produits des e-commerçants, sans comparer les prix. Patrick Robin entend à la fois séduire des pure-players de l'Internet et des acteurs en ligne issus de la distribution classique, lesclick and mortar. D'après lui, tous sont menacés par le service premium d'Amazon. «Une étude Business Insider Intelligence montre qu'un client Amazon Prime est perdu pour le reste des distributeurs puisqu'il devient fidèle exclusif d’Amazon », explique-t-il.

50 à 100 partenaires d'ici Noel, pour lutter contre "la douleur" des frais de livraison

Très documenté, l'entrepreneur remarque que les frais de livraison sont «une douleur », à la fois pour l'internaute et pour le e-commerçant. «D'après une étude UPS, 88 % des cyber-consommateurs essayent de rendre gratuits leur frais de livraison, soit en augmentant le panier soit en appliquant des codes promotionnels », détaille-t-il tout en précisant qu'un abandon d'achat en ligne sur deux a lieu au moment où s'affiche le montant des frais de livraison. Quant aux e-commerçants, ils ne factureraient jamais la supply chain à son juste prix : ils offrent très souvent ces frais pour convaincre davantage de clients d'acheter. Le système d'abonnement annuel EasyLife Premium doit permettre aux e-commerçants d'augmenter leur vente auprès des gros cyber-consommateurs, ceux qui déboursent plus de 49 euros en frais de port chaque année. «D'après la Fédération e-commerce et vente à distance (Fevad), 9 millions de Français achètent en ligne plus de 30 fois par an », note encore Patrick Robin. Reste à savoir si les frais de port abandonnés par les e-commerçants seront compensés par les ventes additionnelles. «Aux Etats-Unis, l'exemple d'Amazon montre que les ventes augmentent d'un tiers lorsqu'un client devient membres Prime », argumente Patrick Robin.

D'après l'homme d'affaires, les premiers retours, auprès du public professionnel du salon E-commerce One-to-One de décembre dernier, étaient positifs. Il cherche à réunir entre 50 et 100 sites partenaires d'ici le lancement du service, prévu pour Noël prochain. EasyLife n'assurant pas la livraison, ces vendeurs en ligne doivent être capables de livrer leurs commandes. EasyLife Premium aura accès aux données-achats des consommateurs mais ne se les accaparera pas : les e-commerçants conserveront la mainmise dessus. Le service entend se rémunérer sur les prix de l'abonnement, avant à l'avenir de proposer des services aux professionnels (Service Après-Vente, traitement de données, etc). Les e-commerçants qui distribueront eux-mêmes l'abonnement à leurs clients récupèreront une partie des revenus. A partir de septembre, les cyberconsommateurs pourront souscrire à tarif préférentiel leur abonnement, en attendant l'activation effective du service.